Pékin a renouvelé le 11 mars ses attaques contre le Dalaï Lama,
accusant le chef spirituel tibétain
de ne pas avoir renoncé à ses vues indépendantistes et de ne
pas "être qualifié" pour représenter le peuple tibétain.
Dans une interview au quotidien de langue anglaise China Daily, Legqog, le président de la région autonome du Tibet, a vivement pris à partie l'appel de Washington à dialoguer avec le Dalaï Lama lancé la semaine dernière, estimant que celui-ci n'avait pas de raisons d'être.
"Le Dalaï Lama a perdu sa popularité au Tibet et est devenu une marionnette obéissante manipulée par les forces anti-chinoises hors de Chine", a déclaré Legqog, avant de souligner qu'il n'est "pas qualifié pour représenter le peuple chinois" (sic !).
La nouvelle salve contre le Dalaï Lama fait suite à des propos tenus par Paula Dobriansky, la coordinatrice pour le Tibet au département d'Etat américain, qui a averti la semaine dernière que la résistance tibétaine risquait de s'intensifier, voire déboucher sur un soulèvement si Pékin continuait à refuser le dialogue avec le Dalaï Lama. Pékin a dès le 9 mars rejeté l'appel au dialogue, estimant que le Tibet constitue une "affaire intérieure chinoise".
Dans sa tirade contre le Dalaï Lama, Legqog, qui est un Tibétain de longue date au service du gouvernement chinois, a repris tous les arguments traditionnels du discours officiel chinois, accusant notamment le chef spirituel tibétain de "manquer de sincérité", ce qui "a conduit à l'absence de progrès dans les contacts et les discussions".
"Le Dalaï Lama n'a ni abandonné ses activités séparatistes, ni abandonné son point de vue indépendantiste", a encore dit Legqog, avant d'ajouter que "la situation des droits de l'homme au Tibet n'avait jamais été meilleure depuis le départ en exil du chef spirituel tibétain en 1959".
Le président de la "Région autonome" du Tibet a par ailleurs invité les touristes et les hommes d'affaires étrangers à venir au Tibet "pour découvrir la vérité ou pour y investir" à condition de ne pas s'ingérer dans "les affaires intérieures chinoises" (NdR dépenser, mais ne pas regarder de trop près, et surtout ne pas poser de questions !)
Les journalistes étrangers sont pour leur part toujours strictement interdits au Tibet, où ils ne peuvent se rendre qu'en voyage organisé par les autorités. Montrer une photo du Dalaï Lama, par exemple, ou sortir du Tibet une liste de prisonniers politiques, sont passibles de prison...
Source : AFP 11 mars 02